LA MAISON

Verger Frères a été fondé par Ferdinand Verger en 1872 et transmis à plusieurs générations de joailliers parisiens, successivement à ses fils et petits fils, les frères Verger, puis aux cousins François et Claude Verger, et ensuite aux célèbres ateliers, Georges Lenfant et son successeur Atelier Bouder. Depuis 10 ans, Atelier Bouder a reconstitué patiemment le patrimoine de Verger Frères à partir des milliers de dessins originaux mais surtout à partir de plus de trois mille maquettes originales de pièces réalisées dans les Années Folles qui ont traversé le temps.
Depuis la fin du XIXème à Paris, l’entreprise des frères Verger a réalisé des parures, des montres et des pendulettes précieuses de Haute Joaillerie. Pendant les Années Folles, -roaring twenties -, de 1910 à 1935, Verger Frères s’est révélé comme le maître de la synthèse entre les Art Nouveau et Déco précieux.

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Ferdinand Verger, joaillier parisien né en 1851, commence son apprentissage à 11 ans à Paris chez l’horloger Lépine, célèbre horloger des rois Louis XV, Louis XVI et de Napoléon. A son retour de Londres en 1871, grand centre mondial de l’horlogerie au XIXème siècle et après la guerre franco-prussienne, où il a servi, Ferdinand Verger s’installe à Paris. Il fonde en 1872, à 21 ans, une société de joaillerie spécialisée dans l’habillage de montre essentiellement pour femmes. Dès 1875, il travaille comme agent de Vacheron Constantin de Genève. Il dépose son propre poinçon en 1896 et s’installe Place des Victoires. En 1901, il acquiert la société de son maître d’apprentissage, l’horloger Lépine
En sus de la relation avec Vacheron Constantin qui va durer jusqu’en 1938, Ferdinand Verger va établir un certain nombre de partenariats avec des Maisons, artistes ou artisans exceptionnels pour maîtriser les différents métiers d’art: Paillet, Maikovski, Lalique, Becker.
Dans le cadre des ses relations avec Vacheron Constantin, on lui attribue la réalisation du 3ème œuf Fabergé impérial du Tsar celui de la Pâque 1887, seul œuf comprenant un mouvement d’horlogerie Vacheron Constantin.
En 1911, Ferdinand Verger transmet sa société à ses deux fils, Henri et Georges, qui vont en faire la Maison Verger Frères qui prendra ce nom le 1er décembre 1920 en s’installant à coté du Palais Royal, au 51 rue Saint Anne.

LE JOAILLIER DES JOAILLIERS

En Europe parmi les clients portant des pièces fabriquées par Verger Frères, on retrouve de nombreuses célébrités des années folles comme des sportives comme Suzanne Leglen ou Hélène Boucher, des étoiles des soirées mondaines et mannequins du couturier Lucien Lelong comme les princesses russe Natacha Palley et française Baba de Faucigny-Lucinge, des aristocrates comme la Duchesse de Westminster ou la Princesse de Broglie, des écrivains comme Colette ou Anne de Noailles, des industriels comme le Capitaine Barnato, fondateur de Bentley, des politiques comme Winston Churchill, des explorateurs comme Freddie Spencer Chapman ou enfin des millionnaires comme le richissime armateur grec Onassis.
C’est au États-Unis que Ferdinand Verger s’implante très tôt. Dès la fin du XIXème siècle, il travaille pour Tiffany & Co à New York. Il produit des pièces pour Marcus & Co, Charlton & Co ou Black Starr and Frost.

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Ainsi Verger Frères devient «joaillier des joailliers», travaillant pour les « boutiques » de joailleries de la Place Vendôme à Paris, de la rue du Rhone à Genève ou de la 5ème avenue à New York ou de Rodeo Drive à Los Angelès.
En Europe, Verger Frères livre dans toute l’Europe des firmes anglaises, allemandes, suisses, italiennes, françaises ou danoises et compte comme clients Boucheron, Van Cleef & Arpels , Hermès, Ostertag, Lacloche Frères, Gubelin, ou Dreiher, …

INVENTIONS & PIÈCES HISTORIQUES

Au delà de la créativité, Verger Frère est moteur d’innovation, et dépose plusieurs brevets en joaillerie et en habillage d’horlogerie. La chevalière a cabochon interchangeable, la montre shutter illustrent l’ingéniosité technique de la maison. Verger Frères est par ailleurs une des 2 maisons parisiennes à réaliser les fameuses «pendules mystérieuses».

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De 1911 jusqu’à la 2e guerre mondiale pendant les périodes Art Nouveau, Art Déco et Avant-Guerre, la continuité du style Verger Frères est assurée par Georges Verger qui dessinait lui même les bijoux et les horloges tout en faisant appel à de nombreux créateurs extérieurs comme le designer Paul-Frederic Follot, l’architecte Eric Bagge, l’affichiste André Mourlot (Cassandre), le sculpteur Lambert Rucki ou les dessinateurs de joaillerie Maurice Duvallet ou Juliette Moutard. A son sommet pendant la période des années folles, Verger Frères emploie plus de 200 artisans: joailliers, sertisseurs, polisseurs, guillocheurs, ciseleurs, gouacheurs, laqueurs, émailleurs, fondeurs, horlogers, boîtiers, graveurs, lapidaires, diamantaires…
Les Frères Verger vont vendre leurs pièces soit sur commande réalisée dans les ateliers de la rue St Anne, soit par l’intermédiaire des boutiques en France ou à l’étranger, soit directement dans leurs ateliers. Les pièces, comprenant toujours le poinçon de maître De Verger Frères, sont parfois signé du nom de la boutique qui en assure la commercialisation.
Verger Frères a déposé de nombreux brevets :
– en horlogerie, les montres avec le système bras en l’air, les montres cadenas, les montres à guillotines, les châtelaines.
– en outils d’esthétique et de maquillage.

LES ANNÉES FOLLES EN FRANCE ET AILLEURS

La ville de Paris devient au cours des années 1920 la capitale des arts et le lieu de rencontre privilégié entre artistes et intellectuels de cette époque. Ainsi, Gertrude Stein présente à Picasso, Braque et Matisse les ouvrages d’Hemingway et de Scott Fitzgerald. Le beau monde fréquente les salons de la capitale, et Verger Frères est le joaillier de choix de nombre de personnalités. Mary Pickford, Arletty, Mistinguett et bien d’autres adhèrent au savoir-faire exceptionnel et aux dessins innovants de la maison.

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A Hollywood les pièces de Verger Frères vont être portées par des premières stars du cinéma telles Joan Crawford, Paulette Godard, Katherine Hepburn, Claudette Colbert, Greta Garbo, Marlene Dietrich, Dolores Del Rio, Anne May Wong, Merle Oberon, Mae West, Sonja Henie et Gloria Swanson.
Un an avant la grande exposition fondatrice de l’Art Déco à Paris, en 1924, le luxe français s’exporte à New York à Grand Central Palace pour une exposition où est, pour la première fois, associé les joailliers parisiens comme Verger Frères, Cartier, Mauboussin ou Templier avec des couturiers comme les soeurs Callot, Paquin, Vionnet, Jeanne Lanvin, ou Worth.
Grâce à cette exposition il va pouvoir se développer dans tous les Etats-Unis avec une présence chez Neiman Marcus comme chez les premiers détaillants de grandes villes américaines comme Philadelphie (Caldwell J.E.), Palm Beach (Greenleaf & Crosby) ou Chicago (Trabert & Hoeffer) et surtout à Los Angeles avec Trabert & Hoeffer et Laykin, deux des joailliers, dont tout Hollywood était client.